
la Nature et Nous
J’ai la Nature dans mon coeur
J’écris comme on dépose une main sur l’écorce d’un vieux compagnon, avec respect, émerveillement et gratitude. Car la nature n’est pas seulement un décor : elle est une présence, une mère ancienne qui accueille nos joies, nos blessures et nos rêves sans jamais nous juger.
Si, au détour d’un vers, vous entendez battre le cœur d’une forêt, si une brise semble traverser votre âme ou si le vol d’un papillon vous rappelle quelque chose d’essentiel que le temps avait enfoui, alors ces mots auront trouvé leur véritable demeure.
Choses de la Nature
Petite rose…
Charmante chose !
Tu fleuris là dans mon jardin
Et dans mon cœur ça fait du bien !
Soudain il pleut…
C’est merveilleux !
Et l’odeur de la terre mouillée
Remplit mon corps de volupté !
Voici le soir
Et vient l’espoir !
Mais quelle belle nuit que voici !
Et elle m’amènera un ami
Un joli petit hérisson
Allant de buisson en buisson
La nuit pâlit
Et je souris !
Car voici que le jour se lève
Et le soleil prend la relève !
Bientôt les oiseaux vont chanter
Et mon poème est terminé…
Le coeur des fleurs
On n’entend pas battre le cœur
Le petit cœur caché des fleurs
Quand on les tient au bout des doigts
On ne connait pas leur émoi !
Le cœur des fleurs c’est leur parfum
Qu’elles dispensent à tout un chacun !
On n’entend pas les fleurs gémir
Quand dans un vase elles vont mourir !
On ne connait pas leur détresse
Quand dans une couronne on les tresses
Et de leurs tiges emmêlées
On ne les entend pas crier !
Pourquoi torturer la nature ?
Lui infliger tant de blessures ?
Pourquoi gâcher cette douceur
Qui se cache dans le cœur des fleurs ?
Dans mon jardin, les jours d’été
Je tends l’oreille, les yeux fermés
J’entends chanter les fleurs sauvages
Qui me remercient d’être sage.
L’oiseau
Encore je me souviens de la tendre chaleur
Du petit corps fragile d’un oiseau migrateur
Qui vint pour un instant échouer son plumage
Dans mes mains reposer ses ailes du voyage
Tout tremblant, grelottant, gémissant doucement
Il raconte à mon cœur son voyage émouvant !
Ses petites ailes fragiles frémissent sous mes doigts
Il est si vulnérable mais fière comme un roi !
Comme un navigateur qui a conquis le monde
Il a séduit mon cœur et la brise vagabonde
Va-t’en petit oiseau il est l’heure de partir
Je garderai en moi ton joli souvenir
Une petite plume qui tombée à mes pieds
Me rappellera toujours ton petit corps léger !
Hymne à la vie
Je voudrais être Zéphyr …
Pour gonfler l’âme des voiliers.
Je voudrais être Austère…
Et tourmenter les rochers solitaires.
Etre vent tout simplement…
Pour modeler le sable chaud.
J’aimerais être Soleil…
Et faire pousser la vie aux entrailles de la terre.
Etre le dieu Soleil…
Pour m’endormir dans le lit du Nil mystérieux.
Au soir tombant, m’assoupir doucement …
Dans le berceau de l’Egypte.
Je voudrais être pommier…
Tenter de mon fruit la première femme du monde.
Et pouvoir avec mes frères donner de l’ombre aux amoureux !
Etre l’oiseau bercé au gré du vent…
Etre chienne, être louve, marmotte ou souris blanche…
Blanche neige en hivers, en été la rosée.
Univers…Grain de sable…
Un tout petit morceau d’une galaxie immense !
Du matin et du soir
Bonjour petit matin…
Bonjour petit chagrin !
J’attends le doux soleil
Qui n’a pas son pareil
Pour soulager les cœurs
Et semer le bonheur !
Voici que vient l’espoir…
C’est mon ami du soir !
Et quand les étoiles brillent…
Je rêve d’une autre vie…
Le naufrage
Je garderai au fond de moi
Le souvenir terrible et froid
De cette vilaine nuit d’orage
Qui provoqua notre naufrage !
Nous étions bien au fil de l’eau
Nous étions fiers narguant les flots !
Mais la nature n’a pas voulu
Que la mer soit ainsi vaincue
Et son courroux s’est transformé
En ouragan démesuré !
J’ai entendu notre navire
Sous le vent craquer et gémir !
Comme un être humain en détresse
Il me lançait des SOS !
Mais je ne pouvais rien pour lui
Dans les tourments de cette nuit !
Moi -même étant à l’agonie
Me voyant déjà perdre vie !
Notre destruction achevée
Les éléments se sont calmés
J’ai perdu de vue mon bateau
Pour me retrouver aussitôt
Sur une plage de sable blanc
Apparue comme par enchantement
Mon trois mâts et mes compagnons
S’en sont allés de par le fond !
Du sable collé à mon corps
J’ai dormi sans le moindre effort
Et sur la plage de mon naufrage
J’ai terminé là le voyage
Sans mes amis et mon bateau
Je porte ma vie comme un fardeau !
Bien des années se sont passées
Mais je n’ai jamais oublié
J’ai bien retenu la leçon
C’est la nature qui a raison !
La complainte de la Terre
J’ai pleuré des larmes de sable
Pour les miens que le sort accable !
Écrasés par mille tourments
Que sont devenus mes enfants ?
Depuis bien des milliers d’années
Je les portais sans m’inquiéter
Mais maintenant je ne peux plus
Mes petits qu’êtes-vous devenus ?
Toi la nature ma fille aînée
Vas-tu te laisser bafouer…
Par tes petits frères les humains
Qui te détruisent de leurs mains !?
Mais eux aussi me font pitié
Car ils sont tous bien malmenés
Famine et surpopulation
Racisme et incompréhension
Des bains de sang un peu partout
Et des hommes qui meurent à genou !
Ils ont fini par oublier
Qu’à l’aube de l’humanité
Il n’y avait pas de frontière
De tous mes enfants j’étais fière !
Qu’est-il arrivé maintenant
A toi la mer, à l’océan
Passifs vous vous laissez souiller
Par des armateurs sans pitié !
Et vous aussi les animaux
De la terre du ciel et de l’eau
Vous n’avez pas pu échapper
Aux hommes qui vous ont maltraités !
Dois-je punir mes rejetons ?
Tempêtes, sècheresses, inondations ?
Je prie plutôt le Grand Esprit
Qu’il efface tout ce mépris…
Une étincelle d’humanité
Pour que la nature soit sauvée !
Tolérance et compréhension
Pour la sauvegarde des nations !
Attirance mortelle
J’aime écouter la mer quand ses mots sont chaleur
J’aime caresser le sable quand il sèche mes pleurs
Couchée sous un palmier j’écoute la chanson
D’une vague violente qui meurt dans un frisson
Et remplie jusqu’à l’âme de ce désir brûlant
Je me soumets au fou plaisir de l’océan !
Et dans cette eau sauvage aux remous plein d’ardeur
Je me laisse séduire par les flots enjôleurs
Mais la mer est cruelle et trahit ses enfants !
Elle m’aspire par le fond et je meurs doucement
Pour avoir désiré des plaisirs aquatiques
Me voilà condamnée à mort sous les tropiques !
Les taches de son
Moi j’aime bien les taches de rousseur
Ces éclaboussures de couleur
Un joli défaut sans pareil
Qui s’épanouit au soleil
Mais c’est l’apanage des rouquines
Non ? Ces petites choses taquines
Alors pour en être affligée
Il me faut donc me maquiller
Avec beaucoup de précision
Je m’applique des taches de son
Pour faire craquer mes amoureux
Sûrement il n’y a rien de mieux !
Le boulanger
De l’eau, de la farine, du sel et du levain
Voilà tout ce qu’il faut pour faire un joli pain !
Mais il ne suffit pas de mélanger tout ça
Pour que le résultat soit fin et délicat
Il faut beaucoup d’amour et beaucoup de patience
Pour un bon boulanger c’est toute la différence !
Et c’est pourquoi Monsieur je dois vous dire merci
Car votre pain de grain est toujours réussi !
De ce pain tendre et doux j’en mangerai sans faim
Du lundi au samedi et du soir au matin
Dimanche nous en ferons une tartine ou deux
Complément idéal des p’tits matins joyeux !
Le secret
Petit champignon habitait…
Une clairière pleine de secrets !
Secrets d’un instant de bonheur
Trésor de tendresse pour mon cœur !
Dans une forêt sombre et noire
Où tu m’embrassas par hasard…
Hasard d’un p’tit matin brumeux
Où nous avons été heureux !
Heureux c’est le mot qui convient…
Pour deux cœurs purs, tendres et sereins !
Sereins comme le p’tit champignon…
Qui du secret est compagnon
© Murielle Sommaiy Vandenstock – Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite.