Noir Noir Noir

Noir Noir Noir

Il est des nuits qui ne connaissent pas l’aube.

Cette page rassemble les mots écrits lorsque le ciel se fait trop lourd, lorsque les silences pèsent plus que les cris et que l’âme avance à tâtons dans une forêt sans lune. On y croise les fantômes du passé, les colères muettes, les blessures qui refusent de cicatriser et les questions laissées sans réponse.
Ces poèmes ne cherchent ni à rassurer ni à embellir. Ils regardent l’ombre en face, parce qu’elle fait aussi partie du paysage humain. Ils sont le charbon qui salit les doigts, l’encre noire qui révèle pourtant la blancheur du papier, la pluie qui tombe avant que l’horizon ne retrouve un peu de lumière.
Entrez si vous l’osez. Ici, les mots portent le deuil des illusions, mais ils respirent encore…

Tristesse d’enfant

Mon premier poème, écrit à 13 ans

Je n’ai plus rien à faire sur la terre
Le ciel est pour moi un désert
Où pas un oiseau ne vient
Consoler mon chagrin
Ni manger tous les grains
Que j’ai jetés dans mon jardin
J’ai envie de faire un voyage
Un voyage par-dessus les nuages
Je tournerai ainsi la page
Et ma vie ne sera plus en cage

Désespoir

Mon deuxième poème, écrit à 14 ans

Quand il n’a que des fleurs
Pour garnir son cœur
Quand il n’a pas d’amis
Il n’a que des ennuis !
Il avait un beau chien
Il est mort ce matin !
Et l’aube projette doucement
Comme le créateur sur le firmament
Des étoiles de rosée parfumées…
Que notre pauvre ami va humer
Parmi les pauvres de cette terre
Il est au comble de la misère !
Tous les êtres semblent lui crier
« Tu es de trop ici, tu nous fais pitié !»
Alors au comble du désespoir
Il va se jeter dans la Loire
Le lendemain matin, sur la rivière
On trouva l’œillet de sa boutonnière…

Enfance violée

J’étais un enfant innocent
Un petit garçon sans histoire
Quand tu m’as choisi pour amant
Mes 13 ans ne pouvaient y croire !
J’étais l’objet de ton désir
Et j’ai perdu ce beau trésor
Celui d’une enfance sans soupir
Celui du chérubin qui dort
J’ai appris que parmi les femmes
IL n’y a pas que des mamans
Il y avait aussi des dames
Qui détruisent la vie des enfants !
Alors j’ai plongé dans le vice
Puisque j’avais appris si tôt
Que les femmes étaient des délices
Que l’on goûte et jette aussitôt !
Jamais satisfait, jamais sûr
Je suis allé de corps en corps
A la recherche d’un amour pur
Pour retrouver l’enfant qui dort
J’ai tant besoin de m’assoupir
Dans les bras d’un ange de douceur
Pour oublier dans un désir
La femme qui a sali mon cœur !

Femme violée

Je refuse de vendre mon corps
Il me l’a demandé trois fois
Trois fois j’ai préféré la mort !
Il va me montrer que j’ai tort…
Trois hommes sont là dans cette chambre
Je sais pourquoi et mon cœur tremble
J’ai tout vu dans leurs regards sombres
Demain je n’serai plus qu’une ombre !
En un éclair ils sont sur moi
Et comme la foudre ils me déchirent !
Je hurle de douleur
Je défaillis de peur
Personne n’entend mes cris
Désespoir infini !
Frappée, violée, apeurée, humiliée…
Ils sont entrés partout, j’ai cru mourir
Ils m’ont rouée de coups, j’ai tant crié
Mais je dois vivre encore, c’est ça le pire…
Je garderai toute ma vie
Cette blessure au fond de moi
Toi mon amour je te le dis
Par tes baisers tu me sauveras !
Chaque jour rien que ta tendresse
Fera cicatriser mes plaies
Alors j’oublierai ma détresse
Et dans tes bras je jouirai !
De mon corps mort tu fais jaillir
Des milliers de feux de plaisir
Bientôt tous mes sens engourdis
Déborderons à l’infini !
Patience ! Je viens !
Et dans l’extase je te rejoins !
Merci à toi
D’avoir patienté jusque-là…

Évasion

J’ai vu des fleurs et des buissons
J’ai vu la mer à l’horizon
L’air pur est entré dans mon corps
Et m’a sauvée du mauvais sort !
En respirant les fleurs sauvages
J’ai perdu notion de mon âge
Je me suis couchée sur le dos
L’herbe est devenue mon berceau !
Avec mes yeux de nouveau-né
J’ai regardé la voie lactée
J’ai senti mon corps s’engourdir
Et mon âme j’ai laissé partir !
Je ne sens plus l’herbe des champs
Ni les fleurs aux parfums vibrants
Je fais partie du paysage
Et me confonds dans le feuillage
Mon corps ne me sert plus à rien !
Et vous l’emmènerez demain…

Fins

Un corps à la dérive, un océan de fleurs…
De jolis yeux qui pleurent et soupirent leur détresse…
Un lourd parfum de rose, dernier battement de cœur…
Dans l’eau bleue du néant, ainsi meurt la déesse !
Dans un corps décharné une âme se torture…
Des yeux si grands ouverts lui mangent la figure…
Des mains crispées, tordues, dans le matin blafard…
Dans des draps blancs souillés, ainsi meurt le vieillard !
Un petit corps fragile a perdu sa maman…
Un petit ange blanc vient soulager les larmes
De ce petit enfant qui meurt dans le vacarme
Dans un éclair de feu, ainsi meurt l’innocent !
Mais nous mon tendre amour, nous mourrons de plaisir
Nous plongerons ensemble dans un lac de désir
Réunies pour toujours, nos deux âmes rebelles
S’envoleront unies vers la vie éternelle !

Le poète

Un mouchoir, une photo
Des rimes et des mots
C’est du poète mort
Tout ce qu’il reste encore !
Elle était si fragile
Sa jolie plume agile
Qu’elle s’abîma un jour
Sous l’effet de l’amour !
Et sa plume brisée
Son cœur c’est arrêté
Le mouchoir dans ses mains
La photo sur son sein
Des rimes au fond des yeux
Et pas un mot d’adieu !

Métamorphose d’une rose

Elle avait une robe blanche
Et un joli nœud sur la hanche
Elle n’avait pas encore quinze ans
Et c’était encore une enfant
Mais ses formes épanouies
Faisaient naître bien des envies !
La jolie robe fut arrachée
Et le petit nœud déchiré
Mais elle accepte avec courage
De subir ce terrible outrage !
Quatre garçons s’en sont allés
C’est une femme qu’ils ont laissé !

Esprit Chagrin

Une fleur qui se fane lentement…
C’est mon cœur qui pleure doucement !
Une feuille qui s’assèche et qui tombe…
C’est ma vie qui plane et qui sombre !
Sur mon corps la lumière s’est éteinte
Car mon âme a trop de contraintes !
Je voudrais m’envoler si loin
De la mort trouver le bon chemin…
De la vie je suis la prisonnière !
Je la mange comme un fruit trop amer…

Rimes sans joie

Comme les yeux d’un vieillard ma plume reste sèche
Comme un voile de cafard mon papier est trop rêche
L’encre reste figée, ma plume est abîmée
Et sur ma feuille les mots refusent de rimer !
Des frayeurs, des angoisses se bousculent dans mon cœur
Et mon papier se froisse dans mes mains sans chaleur !
Des problèmes, des impasses, et pas de solution
Et je suis incapable de prendre une décision…
Le monde est trop cruel, je n’sais pas comment faire
Ma tête hurle de peur et refuse de se taire !
Et pourtant mon amant tu m’inspires tant de choses
Des chagrins, des bonheurs, poèmes et tendres proses !
Pauvre plume, pauvres rimes que j’abandonne là !
Et la peur qui me mine ne me quittera pas !
Mon amour, mon bébé, ma profession de foi
Toute mon attention je la garde pour toi
Et si un jour la vie nous accorde la paix
J’emplirai l’air du temps de mots et de tirets !

© Murielle Sommaiy Vandenstock – Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans autorisation écrite.